Dora et Pablo : un couple qui se nourrit mutuellement, mais aussi que souffre

Dora Maar (1907-1997) et Pablo Picasso (1881-1973) se sont rencontrés en 1935. Tous deux étaient déjà des artistes de classe mondiale, Picasso comme peintre cubiste, Maar comme photographe d'avant-garde. Pendant les huit années de leur histoire d'amour, ils ont créé sans relâche, s'enrichissant l'un l'autre, mais aussi se blessant mutuellement.



Les artistes se sont rencontrés au Café Deux Magots. Elle à 29 ans, lui à 55 ans.


"Une jeune femme aux yeux enfoncés, coiffée d'un béret, joue avec un petit canif pour recoudre l'espace entre ses doigts gantés sur le chandelier. De plus en plus vite. Le coup de l'acier n'est pas toujours propre et le gant accumule des traces de sang. Picasso s'approche, lui parle en français et elle lui répond en espagnol aux accents argentins. Il lui demande un rendez-vous et elle lui donne le gant en gage. Ils ne savent pas encore que cette rencontre inaugure un nouvel enfer pour tous les deux.", Antonio Lucas

Lorsque Maar entre dans la vie de Picasso, elle exerce une sorte d'effet de sauvetage à un moment où il souffre d'un grave blocage créatif. Il est important de ne pas négliger l'influence mutuelle entre les deux, au-delà du récit habituel de la maltraitance psychologique de Picasso envers Maar qui l'amènera à aboutir à une peinture dépressive.



Elle devient sa maîtresse et, selon certains, la plus influente de ses partenaires, sur le plan artistique et politique. Pendant les huit années qui suivent, ils font partie de la vie l'un de l'autre, même si Picasso poursuit sa relation avec Marie-Thérèse Walter. Au début de leur relation, Picasso est émerveillé par son intelligence, sa force, sa conversation. Mais il s'est rapidement lassé d'elle car il la considérait comme une femme tragique, kafkaïenne... Il lui en voulait pour ses idées, sa façon d'exprimer son opinion sur tout, sa jalousie... Pendant cette période, Maar a stimulé la conscience politique de Picasso et l'a éduqué à la photographie.


Maar a contribué à encourager la prise de conscience politique de Picasso, étant le compagnon affectueux du peintre pendant la période de réalisation de Guernica. Leur relation fut tumultueuse, mais probablement la plus proche et la plus complice que Picasso ait jamais eue avec une femme.



Pendant les années qu'a duré cette relation, Maar a été le principal modèle de l'artiste et le sujet de certains de ses portraits les plus emblématiques : Picasso a peint au moins quatre types de portraits différents de Dora Maar. Dans le livre "Picasso et les femmes", l'auteure espagnole Paula Izquierdo affirme que Picasso était initialement enthousiaste à l'égard des femmes, ce qui a stimulé sa créativité, mais que lorsque la relation s'est étiolée, l'image de la femme représentée s'est détériorée jusqu'à devenir une figure grotesque.


Femme en pleurs
Femme en pleurs

Leur relation passionnée s'estompe vers 1942, lorsque Picasso prend une nouvelle maîtresse. Maar commence à avoir des comportements névrotiques et est finalement admis dans un sanatorium. Elle a fini par aller vivre dans le sud, à Menérbes, en Provence, en France. Dans la solitude de son manoir français, Dora Maar reprend son activité artistique. Elle s'est remise à la peinture et a essayé de nombreux styles et techniques différents. Dans les années 1980, elle est revenue à la photographie expérimentale, capturant des images abstraites très éloignées de la réalité.




Sources :

  • Musée Reina Sofía

  • BBC

  • El confidencial

  • El mundo

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